MALI / LE PRÉSIDENT IBRAHIM BOUBACAR KEÏTA, ARRÊTÉ AVEC SON PREMIER MINISTRE PAR DES MILITAIRES EN FURIE

Par Yawo KLOUSSE
afriquenligne.com
Mardi, 18/08/20

Mardi noir au Mali,
Ibrahim Boubacar Keïta et Boubou Cissé ont été arrêtés dans la résidence présidentielle par le groupe de soldats qui a pris, ce matin, le contrôle d’un grand camp militaire dans la banlieue de Bamako.

Les deux dirigeants « ont été conduits par les militaires révoltés dans des véhicules blindés à Kati », où se trouve le camp Soundiata Keïta, à une quinzaine de kilomètres de Bamako, a précisé M. Doucouré, confirmant une affirmation à l’AFP d’un des chefs de la mutinerie. Tous deux avaient été arrêtés en fin d’après-midi au domicile du président Keïta.

Des militaires maliens avaient pris dans la matinée le contrôle du grand camp militaire Soundiata Keïta de Kati, à une quinzaine de kilomètres de la capitale du pays, Bamako. Le groupe s’était ensuite dirigé en convoi vers le centre de la capitale, selon un correspondant de l’AFP, où ils ont été acclamés par des manifestants rassemblés pour réclamer le départ du chef de l’Etat aux abords de la place de l’Indépendance, épicentre de la contestation qui ébranle le Mali depuis plusieurs mois. Leur trajet s’est poursuivi vers la résidence du président Keïta, où le chef de l’Etat était présent, en compagnie de son premier ministre.

Dès la confirmation de coups de feu, tirés en l’air près du camp militaire de Kati, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, a condamné « avec la plus grande fermeté cet événement grave » dans un communiqué, appelant les militaires à « regagner sans délai leurs casernes ». Emmanuel Macron s’est entretenu avec plusieurs présidents de la région, a indiqué l’Elysée à l’AFP.

De son côté, sur son compte Twitter, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, a condamné « énergiquement » l’arrestation et appelé « les Nations Unies et toute la communauté internationale à conjuguer efficacement leurs efforts pour s’opposer à tout recours à la force pour la sortie de la crise politique »

Le président français a dit soutenir la médiation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), qui a rappelé dans un communiqué « sa ferme opposition à tout changement politique anticonstitutionnel ». L’ambassade de France à Bamako « recommande instamment » à ses ressortissants de rester chez eux.

Peter Pham, l’émissaire américain pour le Sahel, a également fait savoir sur Twitter que « les Etats-Unis s’opposent à tout changement extra-constitutionnel de gouvernement, que ce soit par ceux qui sont dans la rue ou par les forces de défense et de sécurité. »

« Les mouvements d’humeur constatés traduisent une certaine frustration qui peut avoir des causes légitimes », avait estimé le premier ministre, Boubou Cissé, dans un communiqué publié par le gouvernement juste avant l’annonce de son arrestation, en appelant les militaires à « faire taire les armes » et à engager « un dialogue fraternel ».

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